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120 battements par minute

Robin Campillo
France
2017
2h22
Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel...

Nous sommes au début des années 90, et choper le SIDA, devenir séropositif, à l’époque, c’est encore être condamné à mort à courte ou moyenne échéance. Les militants d’Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence scandaleuse des pouvoirs publics et la cupidité des labos. "120 battements par minute" retrace l'histoire bien particulière de ce groupe d’activistes, une histoire qui appartient d’abord à cette poignée de héros mais nous appartient à tous... On entre dans "120 battements par minute" comme un nouveau venu chez Act Up, ça discute ferme, les arguments fusent, l’échange est tendu, passionné. Le film suit quelques-uns d'entre eux dans leur vie privée pour nous offrir des moments de tendresse bouleversante, de sexualité sans fard, de joies souvent teintées de détresse. Et le soir les corps exultent, en boîte de nuit, la house music devient alors un exutoire. On danse, on oublie la maladie. C'est Arnaud Rebotini qui signe ici une bande originale enivrante, la musique fait office de respiration dans le traitement de ce sujet délicat. Dans ce collectif à l'humour cinglant, il y a Sophie (Adèle Haenel électrisante) partisane d’une méthode moins violente, entouré de Sean (Nahuel Perez Biscayart), vindicatif et volontiers agressif, qui justifie la brutalité de l’action ; Nathan (Arnaud Valois), le nouveau venu ; Hélène, mère d’un jeune garçon séropo, et tous les autres qu’on va découvrir au fur et à mesure. Si Robin Campillo et son coscénariste, Philippe Mangeot, racontent ici leur passé de militants d’Act Up et, on le devine, leur passé d’amoureux et d’amis endeuillés, ils le partagent avec une extraordinaire générosité et une grande pédagogie. Témoignage du combat d'une génération décimée, c’est aussi, plus largement, le sens même de la lutte collective, avec ses grands questionnements, mais aussi ses limites qui sont montrés avec justesse, complexité et sensibilité."120 battements par minute" apporte quelque chose de mieux, de plus, comme seules les œuvres qui valent vraiment la peine. Un film indispensable, tout à la fois coup de maître et fresque superbe d’une audace poignante.

séances

mercredi 20jeudi 21vendredi 22samedi 23dimanche 24lundi 25mardi 26
13h30
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