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Edito 293

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l'édito: 

Et voilà le nouveau programme du Diago !
De nombreux invités de marque ce mois-ci à commencer par Gilles Perret réalisateur de « La Sociale » dont on avait dû annuler la venue en octobre dernier pour cause d’intempéries et qui sera enfin parmi nous le 16 mars au soir pour nous parler de son indispensable documentaire. Le 20 mars ce sera le tour du réalisateur Arnaud Des Pallières, accompagné de notre ami Sergi Lopez et du producteur Serge Lalou de venir présenter « Orpheline ». Nous accueillerons le 27 mars avec bonheur Christian Philibert et son documentaire musical sur le groupe festif et populaire marseillais
« Massilia Sound System ». Il y aura également de belles soirées avec le Collectif 34 pour les Alternatives aux Pesticides, Regards sur le Cinéma Algérien, Le festival d’Amnesty « Au cinéma pour les droits humains », ou encore le Festival
Tropisme et, une première à Montpellier le 6 avril avec La Nuit du Générique proposée par Le Centre d’art La Fenêtre. Bref ce magazine est truffé de belles surprises et de coups de cœur ! Vous allez vous régaler !
Dans la foulée de juillet dernier on continue de rafraichir le Diago ! Cette fois ci c’est la salle 6 qui fait peau neuve. Fin mars nous changerons fauteuils et moquette, mais aucune gêne à prévoir les travaux ne dureront qu’une journée !
Vous êtes nombreux à répondre à notre petit questionnaire, nous vous en remercions ! Chacune de vos remarques est précieuse pour nous et utile à notre amélioration.
À vos stylos ! Nous le retirerons bientôt de nos comptoirs.

A très vite,
Noémie, Charlie et Laurence

Berlinale 2017 : L'autre côté de l'espoir, Aki Kaurismäki résiste avec humour

Peut-on rire de tout ? Même de l'épineuse question des migrants. Oui, répond avec malice le cinéaste finlandais dans son nouveau film qui, une fois encore, maîtrise à merveille l'art du décalage. Il en a profité pour féliciter Angela Merkel de s'être «intéressé au sort des réfugiés».
Plusieurs fois, on craint de perdre espoir. Mais "L'autre côté de l'espoir" (De l'autre côté de l'espoir), présenté en compétition à la Berlinale, le Finlandais Aki Kaurismäki livre une leçon d'optimisme. Malgré le drame, il faut résister, semble-t-il dire. Le film commence pourtant avec une tête qui émerge d'un tas de charbon, noire comme couverte de cendres. Khaled est syrien, il a fui les bombardements d'Alep et se retrouve par hasard en Finlande pour y demander l'asile et attendre sa sœur, qu'il a perdue dans la fuite. Son chemin va croiser celui de Wikström, qui quitte sa femme alcoolique sans dire un mot, abandonne son business de marchand de chemises sans avenir et décide de racheter un restaurant, un rade aussi défraîchi que les harengs qui y sont servis. Ni la vie de l'un ni celle de l'autre ne font rêver. Mais le film de Kaurismäki est hilarant. Avec son art du décalage, sa maîtrise de l'image qui rend la grisaille et la monotonie irréelles, ses vieux rockers omniprésents et surtout son humour froid flirtant avec le non-sens, Aki Kaurismäki enchante d'un rien ses personnages. Ni Khaled ni Wikström ne se laissent abattre par l'absurdité administrative, la violence d'extrême droite qui les environne, leur douleur enfouie… Leur bonté profonde est d'autant plus réjouissante que le monde est déprimant. Parfois, le film a des airs de comédie burlesque, notamment quand les protagonistes se lancent dans les sushis, qui contraste avec la réalité dure qui lui sert d'arrière-plan. Le récit d'Alep par Khaled, face à une fonctionnaire déshumanisée, est glaçant. L'espoir mène parfois aux désillusions.
«Je veux essayer de changer l'Europe»
Après Fuocoammare, de l'italien Gianfranco Rosi, ours d'Or en 2016, la Berlinale poursuit avec "L'autre côté de l'espoir" sa réflexion sur le thème des réfugiés. Là où le documentaire explorait la réalité de l'île de Lampedusa, Aki Kaurismäki, qui s'était déjà penché sur la question des migrants dans son précédent film Le Havre, questionne cette fois-ci des valeurs européennes bien fragiles. La Finlande semble loin d'une terre d'espoir dans la caméra du réalisateur… "L'autre côté de l'espoir" faisait partie des œuvres attendues de la sélection de la Berlinale 2017. «Je veux changer le monde, je vais essayer de changer l'Europe», a déclaré mardi Aki Kaurismäki. «J'essaie au moins pour les trois personnes qui verront ce film», a-t-il plaisanté. Le réalisateur est toutefois on ne peut plus sérieux: «Demain, c'est peut-être vous qui serez un réfugié.» Plus politique encore, il a «remercié», lors de la conférence de presse qui a suivi la projection, la chancelière Angela Merkel : «Elle au moins s'est intéressée au sort des réfugiés.» À Berlin, Aki Kaurismäki a lancé un appel à la résistance contre la fatalité. À choisir le bon côté contre le mauvais.

Félicité : le Grand Prix de Berlin pour Alain Gomis

Le cinéaste franco-sénégalais ramène de Berlin un trophée majeur grâce à un film produit par Andolfi avec Granit Films et Cinekap. Révélé à Locarno en 2001 avec L'Afrance (Léopard du meilleur premier film), passé ensuite par les Venice Days 2007 avec Andalucia, puis déjà en compétition à Berlin en 2012 avec Aujourd'hui, Alain Gomis a gravi un échelon supplémentaire dans la hiérarchie des cinéastes couvés par les grands festivals internationaux en remportant avec son 4e long métrage, Félicité, l'Ours d'argent - Grand Prix du Jury de la 67e Berlinale (lire la news complète). Ecrit par le réalisateur (né à Paris en 1972 et originaire du Sénégal et de Guinée Bissau) et interprétée dans le rôle-titre par Véro Tshanda Beya, Félicité est une production majoritaire française,qui a été pilotée parArnaud Dommerc pour Andolfi avec Granit Films (société parisienne cofondée par le cinéaste) et Cinekap (Sénégal). Coproduit par les Belges de Need Productions, les Allemands de Katuh Studio et les Libanais de Schortcut Films, le long métrage a été soutenu notamment par l'Aide aux Cinémas du Monde du CNC et le World Cinema Fund de la Berlinale. Jour2Fête qui distribuera le film dans les salles françaises le 29 mars pilote les ventes internationales avec évidemment une très forte accélération des négociations en cours.